Depuis plus de vingt-cinq ans, nos études nous permettent de suivre les attentes des porteurs de lunettes et de mieux comprendre ce qui guide leurs achats. La place des marques dans le choix d’une monture constitue, à cet égard, un sujet particulièrement intéressant. Quelle importance les consommateurs lui accordent-ils ? Et quelle place laissent-ils au conseil de leur opticien ? 

Notre enquête menée en juin 2026 auprès de 5 000 porteurs de lunettes ayant réalisé un achat entre juillet 2025 et juin 2026 apporte un éclairage concret : 23 % des consommateurs déclarent avoir déjà une idée de la ou des marques qu’ils souhaitent pour leur monture en arrivant en magasin. Autrement dit, plus des trois quarts abordent leur visite sans préférence de marque préétablie. L’échange en magasin laisse donc une large place à la découverte et à l’accompagnement.

Un autre résultat souligne plus directement encore le rôle du professionnel : 85 % des consommateurs s’en remettent à leur opticien pour le choix de la marque de leur monture, qu’ils aient ou non une idée au préalable. À l’inverse, environ 15 % savent à l’avance quelle marque ils souhaitent et la demandent à leur opticien. Ces deux résultats mesurent des réalités différentes : avoir une marque en tête avant de franchir la porte ne signifie pas nécessairement maintenir ce choix à l’issue de l’échange avec le professionnel.

Je considère que ces chiffres rappellent la valeur du conseil dans le métier d’opticien. La notoriété d’une marque peut orienter une première envie, mais le professionnel conserve une influence majeure dans le choix déclaré par les consommateurs. Sa connaissance de l’offre et sa capacité à expliquer les différences entre les montures trouvent ici toute leur place.

Pour les opticiens, ces résultats invitent à porter une attention particulière à la manière de présenter les collections. Lorsqu’un client arrive sans préférence de marque, l’échange permet de comprendre ses attentes et de lui faire découvrir des propositions adaptées. Lorsqu’il exprime une préférence, celle-ci constitue un point de départ pour préciser ce qui l’attire et accompagner sa décision.

Cette étude ouvre également une réflexion sur la composition de l’offre en magasin. La présence de marques connues mérite d’être mise en perspective avec la capacité de l’équipe à faire découvrir et à expliquer l’ensemble des collections proposées. Les chiffres ne permettent pas de conclure qu’une catégorie de marques serait préférable à une autre, mais ils montrent combien le conseil peut compter dans le choix final du porteur.

À travers ces résultats, je vois surtout une confirmation de la confiance accordée à l’opticien. Pour l’ensemble de la filière, l’enjeu est de continuer à soutenir cette capacité de conseil, en donnant aux équipes les connaissances et les moyens nécessaires pour accompagner chaque client dans le choix de sa monture.

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